HUIT
Maître Baso Do-itsu de Kozei dans le district de Ko servit de jisha (secrétaire au maître Nangaku Ejo et en reçut intimement le sceau de l'esprit du Bouddha Gautama. Il vécut au temple Denpo constamment assis en zazen et fut le plus remarquable des disciples de maître Nangaku. Ce dernier savait que Baso montrait d'exceptionnelles qualités dans l'étude du Bouddhisme.
Maître Nangaku alla trouver Baso et lui demanda : Or donc, grand moine, quelle est votre intention quand vous pratiquez zazen?
Baso Do-itsu lui répondit: Je veux devenir un bouddha.
Nangaku Ejo ramassa un morceau de tuile et se mit à le polir sur une pierre, face à l'entrée de la hutte de Baso.
Baso Do-itsu dit: Maître, que faites-vous là?
Nangaku Ejo répondit: Je polis cette tuile pour en faire un miroir.
Baso Do-itsu dit:Comment pensez-vous faire un miroir en polissant une tuile?
Nangaku Ejo répondit: Comment pouvez-vous penser devenir un bouddha en vous pratiquant zazen?
Baso Do-itsu dit:Que faudrait-il donc faire?
Nangaku Ejo répondit: Lorsqu'un homme voyage en voiture, si la voiture n'avance pas, que doit-il faire? Frapper la voiture ou frapper le boeuf qui la tracte?
Baso Do-itsu ne sut que répondre.
Nangaku Ejo enseigna en plus: Apprendre zazen, c'est apprendre que vous êtes un bouddha en zazen. Lorsque vous apprenez zazen, c'est différent du comportement quotidien, tel s'asseoir ou se coucher. Cependant, lorsque vous apprenez que vous êtes un bouddha en zazen, ce bouddha est au-delà de toute forme fixe.
Nangaku Ejo dit: Dans l'Univers, il ne faut pas préférer le bien ou le mal à l'instant présent. Lorsque vous pratiquez l'être bouddha en zazen, vous vous débarrassez inévitablement du concept de bouddha. S'attacher à la forme de s'asseoir, c'est ne pas avoir compris parfaitement le principe de zazen.
En entendant cet enseignement du maître, Baso se sentit comme s'il avait bu un doux nectar.
Citation:
Commentaire de Nishijima roshi
On interprète en général ce kôan dans le sens qu'il ne serait pas possible de devenir un bouddha juste en pratiquant zazen. Mais l'interprétation de maître Dôgen est assez différente. C'est l'idée de devenir intentionnellement qu'il attaque. Lorsqu'une personne est assise en zazen, elle est d'emblée un bouddha. Elle ne peut pas re-devenir un bouddha. Le polissage n'est pas la fabrication d'un miroir, elle n'est que l'action de polir -- l'action d'un bouddha.
Qu'est-ce que cela veut dire qu'on est un bouddha lorsqu'on est assis en zazen? Assis en zazen, nous faisons directement face à la réalité. Nous affrontons nos pensées, nos émotions et l'inconfort (physique et mental). Nous constatons également que la réalité est bien davantage que des pensées ou que le corps.
Voilà qui est difficile à observer, en particulier pour les débutants. Lorsqu'ils sont assis, ce qu'ils ressentent habituellement est douleur et ennui, ce qui s'éloigne beaucoup de l'image idéalisée qu'ils se font de l'Eveil ou de la bouddhéité. Cependant, cette souffrance et cet ennui sont leur réalité.
Au cours de notre vie quotidienne, nous faisons de grands efforts pour échapper à cet aspect de la réalité ou pour le balayer sous le tapis. En zazen, nous l'affrontons directement. On ne peut y échapper; il faut le vivre et en faire l'expérience. La réalité n'est pas que souffrance et ennui, il existe bien d'autres aspects de la réalité différents et bien plus profonds encore. On les affronte eux-aussi en zazen, mais on les affronte tels qu'ils surgissent naturellement d'eux-mêmes.
Les images que notre intellect s'est formé de l'éveil ne pourront en aucun cas accélérer ce processus. L'intellect lui-même n'est rien d'autre qu'un mince couche superficielle à la surface d'un océan de la réalité du corps/esprit qui est bien plus profond.
Maître Baso demande ensuite ce qu'il doit faire et maître Nangaku se sert de la parabole du char à boeufs. Si le boeuf est rétif, on peut le faire avancer en le frappant, mais si la roue du char est coincée, on pourra battre le boeuf tant qu'on voudra, cela ne fera pas avancer la voiture. Nous devons être attentifs à la réalité de la situation et ne pas projeter nos idées préconçues dessus.
Le boeuf représente l'esprit ou les facteurs mentaux. Le char représente le corps ou les facteurs matériels. L'idéaliste ne pense qu'à aiguillonner le boeuf. Il ignore le char, jusqu'à ce que, peut-être, un jour celui-ci perde une roue et le renverse dans la boue.
Le matérialiste ne pense qu'au char. Il le veut peut-être joli et rapide, ou encore le décorer d'or et de pierres précieuses tout en laissant le boeuf mourir de faim, de telle sorte que son beau char ne puisse plus bouger.
Zazen est la pratique du corps/esprit, de l'être tout entier. Le bouddhiste tend à être à la fois le boeuf et le char.
Maître Nangaku poursuit en expliquant la différence entre Zazen et le comportement quotidien. Il explique ce que signifie apprendre zazen : c'est-à-dire apprendre que nous sommes un bouddha en zazen. Il insiste sur la différence entre zazen et le comportement ordinaire, que sont par exemple s'asseoir et se coucher. En quoi est-ce différent? Dans notre vie de tous les jours, nous sommes habituellement liés par des pensées. Nous avons du mal à voir la réalité à cause de ces pensées. En zazen, on coupe à travers les nuages de pensées qui obscurcissent le paysage.
D'autre part, zazen est également différent de nos états de relaxation habituels, en ce qu'il maintient une certaine tension physique et une certaine attention mentale. Maître Nangaku veut établir cette distinction entre zazen et notre vie de tous les jours parce qu'il y avait, et qu'il y a encore, des bouddhistes qui soutiennent que la conduite de notre vie quotidienne n'est pas différente de zazen. Et il est vrai qu'ils sont la même chose en ce qu'ils existent tous deux dans la réalité elle-même, mais au cours de notre vie quotidienne c'est bien plus difficile, et pour la plupart des gens, impossible, de voir avec clarté la réalité.
En zazen, nous sommes assis dans la réalité et en faisons directement l'expérience d'une façon qui ne se produit que bien rarement dans notre vie de tous les jours. Celle-ci se trouve progressivement modifiée par cette expérience. Quand nous sommes assis en zazen, nous sommes des bouddhas. Un bouddha en zazen n'a pas de forme fixe. Il peut être grand et blond, petit et gros, cela peut être un athlète, une vieille femme, un ado. De plus, un bouddha en zazen a plusieurs états: paisible, serein, distrait, ennuyé, joyeux, etc.
Il n'existe pas d'état unique qu'on pourrait pointer du doigt et dire, "Voilà ce que tu cherches. Lorsque tu auras atteint cet état, tu auras atteint la bouddhéité". De telles idées reçues ne sont que des images dans notre cerveau. Il n'y a pas de forme finie pour un bouddha. Chaque personne assise en zazen possède sa propre forme. C'est ainsi qu'on peut dire que Zazen est orné des formes infinies du bouddha.
Maître Nangaku dit ensuite à Baso de ne pas préférer le bien ou le mal à l'instant présent. Au cours du flash instantané de la réalité, ni le bien ni le mal n'existent. Il n'y a ni de bouddhas ni de non-bouddhas. Dans la pratique réelle de zazen, on ne trouvera aucun "bouddha"; nos concepts de bouddha ont été laissés derrière et nous sommes libres de nous asseoir dans la réalité elle-même. Nous sommes libres d'être des bouddhas.
Si nous nous attachons à la forme physique de s'asseoir, par exemple en nous concentrant sur la respiration ou en encourageant une attention physique constante, nous n'aurons pas compris que zazen, c'est s'asseoir dans l'unité du corps-et-esprit, l'état où on ne met aucun accent sur le mental ou sur le physique.
vendredi 19 mars 2010
jeudi 18 mars 2010
Le recueil de kôans de maître Dôgen
SEPT
Maître Beiko de la ville de Keicho dit à un moine d'aller poser la question suivante à maître Kyozan Ejaku : Est-ce qu'un homme qui vit dans l'instant présent a besoin de l'Eveil ou pas?
Maître Kyozan Ejaku répondit: Il serait faux de dire qu'il n'y a pas d'Eveil, mais je ne puis éviter de tomber dans la conscience duelle.
De retour auprès de maître Beiko, le moine rapporta ce que maître Kyozan avait dit.
Maître Beiko confirma vigoureusement les paroles de maître Kyozan.
Citation:
Commentaire de Nishijima rôshi
"Tomber dans la conscience duelle" signifie entrer dans l'état où notre conscience est divisée. Dans cet état, il y a un "je" qui regarde, que certains kôans appellent la "seconde personne". Il s'agit là du mode sujet-objet d'être au monde, qui est, de par sa nature propre, partiel; il ne recouvre pas la totalité de la réalité. Lorsque nous agissons, notre conscience s'unifie et nous cessons de percevoir la séparation entre sujet et objet.
Maître Kyozan dit que, même s'il ne peut nier qu'il existe pour lui un état d'éveil, il est tout aussi vrai que parfois il retombe dans une façon divisée de considérer le monde. Il s'agit là d'une réponse très réaliste et honnête. La vue idéaliste est que l'Eveil est soudain et complet. Qu'une fois que nous aurions gagné le grand prix spirituel de l'Eveil, nous deviendrions des surhommes spirituels ou des dieux, plus jamais troublés par les minables préoccupations de l'existence. Mais maître Kyozan soutient que, même si parfois nous faisons l'expérience de l'état d'éveil, il arrive aussi que notre conscience soit divisée.
Maître Beiko de la ville de Keicho dit à un moine d'aller poser la question suivante à maître Kyozan Ejaku : Est-ce qu'un homme qui vit dans l'instant présent a besoin de l'Eveil ou pas?
Maître Kyozan Ejaku répondit: Il serait faux de dire qu'il n'y a pas d'Eveil, mais je ne puis éviter de tomber dans la conscience duelle.
De retour auprès de maître Beiko, le moine rapporta ce que maître Kyozan avait dit.
Maître Beiko confirma vigoureusement les paroles de maître Kyozan.
Citation:
Commentaire de Nishijima rôshi
"Tomber dans la conscience duelle" signifie entrer dans l'état où notre conscience est divisée. Dans cet état, il y a un "je" qui regarde, que certains kôans appellent la "seconde personne". Il s'agit là du mode sujet-objet d'être au monde, qui est, de par sa nature propre, partiel; il ne recouvre pas la totalité de la réalité. Lorsque nous agissons, notre conscience s'unifie et nous cessons de percevoir la séparation entre sujet et objet.
Maître Kyozan dit que, même s'il ne peut nier qu'il existe pour lui un état d'éveil, il est tout aussi vrai que parfois il retombe dans une façon divisée de considérer le monde. Il s'agit là d'une réponse très réaliste et honnête. La vue idéaliste est que l'Eveil est soudain et complet. Qu'une fois que nous aurions gagné le grand prix spirituel de l'Eveil, nous deviendrions des surhommes spirituels ou des dieux, plus jamais troublés par les minables préoccupations de l'existence. Mais maître Kyozan soutient que, même si parfois nous faisons l'expérience de l'état d'éveil, il arrive aussi que notre conscience soit divisée.
mercredi 17 mars 2010
Le recueil de kôans de maître Dôgen
SIX
Un jour, un moine demanda à maître Roya Ekaku du district de Joshu: Il est dit que l'Univers est pur et montre sa forme originelle. Comment donc lui est-il possible de manifester les montagnes, les rivières et la terre?
Roya Ekaku répondit: L'Univers tout entier est pur et montre sa forme originelle. Comment donc lui est-il possible de manifester les montagnes, les rivières et la terre!
Citation:
Commentaire de Nishijima roshi:
Maître Roya répond à la question du moine en répétant sa question. Mais sa répétition est rhétorique. Il dit en effet qu'il n'est pas possible à l'Univers de manifester les montagnes, les rivières et la terre car il est pur et montre sa forme originelle. Les montagnes, les rivières et la terre sont des concepts et des idées qui servent à décrire l'ineffable réalité de l'Univers. Celle-ci est toujours pure et montre sa forme originelle.
D'un autre côté, on peut aussi dire que la forme originelle et la pureté de l'Univers ne sont rien d'autre que les montagnes, les rivières et la terre. Les quatre philosophies peuvent nous permettre d'élucider ce kôan.
Dans la première phase, nous avons une assertion bouddhique idéaliste, selon laquelle l'Univers est pur et montre sa forme originelle.
La question du moine est dans la seconde phase. Il ne peut voir la pureté de l'Univers ni sa forme originelle. Tout ce qu'il voit, ce sont les montagnes, les rivières et la terre. Ceci est le point de vue matérialiste.
La réponse de maître Roya est à situer dans la troisième phase, qui est une synthèse des deux points de vue précédents. Les montagnes, les rivières et la terre n'existent pas: ce ne sont que des étiquettes qui tentent de décrire ce qui est, en fin de compte, au-delà de toute description et qui est la forme originelle de l'Univers pur. Cette forme originelle n'est pas une vague idée ou un esprit qui flotterait quelque part dans l'espace. Ce n'est rien d'autre que la réalité elle-même. Ce sont les montagnes, les rivières et la terre.
La quatrième phase est la réalité elle-même. On peut la voir comme pure et comme forme originelle de l'Univers, ou bien comme montagnes, rivières et terre; mais en définitive, elle se situe au-delà de toute description de ce genre. On doit la vivre directement. Et la pratique qui permet de vivre directement la réalité s'appelle Zazen.
Un jour, un moine demanda à maître Roya Ekaku du district de Joshu: Il est dit que l'Univers est pur et montre sa forme originelle. Comment donc lui est-il possible de manifester les montagnes, les rivières et la terre?
Roya Ekaku répondit: L'Univers tout entier est pur et montre sa forme originelle. Comment donc lui est-il possible de manifester les montagnes, les rivières et la terre!
Citation:
Commentaire de Nishijima roshi:
Maître Roya répond à la question du moine en répétant sa question. Mais sa répétition est rhétorique. Il dit en effet qu'il n'est pas possible à l'Univers de manifester les montagnes, les rivières et la terre car il est pur et montre sa forme originelle. Les montagnes, les rivières et la terre sont des concepts et des idées qui servent à décrire l'ineffable réalité de l'Univers. Celle-ci est toujours pure et montre sa forme originelle.
D'un autre côté, on peut aussi dire que la forme originelle et la pureté de l'Univers ne sont rien d'autre que les montagnes, les rivières et la terre. Les quatre philosophies peuvent nous permettre d'élucider ce kôan.
Dans la première phase, nous avons une assertion bouddhique idéaliste, selon laquelle l'Univers est pur et montre sa forme originelle.
La question du moine est dans la seconde phase. Il ne peut voir la pureté de l'Univers ni sa forme originelle. Tout ce qu'il voit, ce sont les montagnes, les rivières et la terre. Ceci est le point de vue matérialiste.
La réponse de maître Roya est à situer dans la troisième phase, qui est une synthèse des deux points de vue précédents. Les montagnes, les rivières et la terre n'existent pas: ce ne sont que des étiquettes qui tentent de décrire ce qui est, en fin de compte, au-delà de toute description et qui est la forme originelle de l'Univers pur. Cette forme originelle n'est pas une vague idée ou un esprit qui flotterait quelque part dans l'espace. Ce n'est rien d'autre que la réalité elle-même. Ce sont les montagnes, les rivières et la terre.
La quatrième phase est la réalité elle-même. On peut la voir comme pure et comme forme originelle de l'Univers, ou bien comme montagnes, rivières et terre; mais en définitive, elle se situe au-delà de toute description de ce genre. On doit la vivre directement. Et la pratique qui permet de vivre directement la réalité s'appelle Zazen.
mardi 16 mars 2010
Shinji Shôbôgenzô, le recueil de kôans de maître Dôgen
CINQ
Un laïc du nom de Ho-on du district de Jo demanda à maître Sekito: Quelle sorte de personne est indépendante de toutes choses et de tout phénomène?
Maître Sekito lui couvrit la bouche de sa main.
A cela, le laïc réalisa la vérité clairement et soudainement.
Une autre fois, il posa la même question à maître Baso Do-itsu.
Ho-on lui dit: Quelle sorte de personne est indépendante de toutes choses et de tout phénomène?
Maître Baso Do-itsu répondit: Je vous répondrai lorsque vous aurez bu toute l'eau de la rivière Seiko d'une seule gorgée.
La laïc réalisa la vérité en entendant ces paroles.
Un laïc du nom de Ho-on du district de Jo demanda à maître Sekito: Quelle sorte de personne est indépendante de toutes choses et de tout phénomène?
Maître Sekito lui couvrit la bouche de sa main.
A cela, le laïc réalisa la vérité clairement et soudainement.
Une autre fois, il posa la même question à maître Baso Do-itsu.
Ho-on lui dit: Quelle sorte de personne est indépendante de toutes choses et de tout phénomène?
Maître Baso Do-itsu répondit: Je vous répondrai lorsque vous aurez bu toute l'eau de la rivière Seiko d'une seule gorgée.
La laïc réalisa la vérité en entendant ces paroles.
Commentaire de Nishijima roshi
"Une personne indépendante de toutes choses et de tout phénomène" signifie quelqu'un qui a atteint la vérité bouddhique. Ho-on demandait au maître de lui décrire l'état d'une personne qui a transcendé le monde des choses relatives et des phénomènes. Il avait posé cette question et s'apprêtait à se rasseoir pour entendre la réponse du maître.
C'est alors que Sekito lui avait placé la main sur la bouche. Ce qui représente un glissement de la sphère idéaliste ou mentale de la question au monde tangible d'une main et d'une bouche réelles. Ho-on avait posé sa question et s'était soudain retrouvé dans l'incapacité de parler, tout comme il était impossible au maître de rien dire qui put décrire l'état d'éveil. La passage soudain du monde de l'intellect au monde matériel a permis à Ho-on de voir clairement les deux aspects de la réalité. Il avait pu ainsi découvrir la nature d'une personne qui est indépendante de toutes choses et de tout phénomène.
La seconde partie du kôan est similaire. Le laïc pose sa question et le maître la lui renvoie sous la forme d'une demande tout aussi impossible. Celle-ci montre la nature de la première phase: il nous est facile d'imaginer d'avaler l'eau de la rivière Seiko en une seule gorgée, mais le faire en réalité est tout autre chose.
Il nous est facile de créer l'image d'une personne éveillée ou d'élaborer des théories ou des opinions complexes, mais vivre effectivement dans la réalité, s'asseoir effectivement sur son coussin et pratiquer est d'un tout autre ordre.
mercredi 10 février 2010
Jour supplémentaire
Bonjour
Pour ceux et celles que cela intéresserait, j'ai décidé d'offrir une soirée supplémentaire de zazen, le mardi soir.
Tout comme la soirée du jeudi soir, la pratique commencera à 19 h 00 pétantes. Arrivez au moins cinq minutes à l'avance.
J'avais mis 19h30, comme pour le jeudi, mais j'ai décidé de ramener cela à 19 heures, pour diverses raisons.
La participation est gratuite.
Mxl
Pour ceux et celles que cela intéresserait, j'ai décidé d'offrir une soirée supplémentaire de zazen, le mardi soir.
Tout comme la soirée du jeudi soir, la pratique commencera à 19 h 00 pétantes. Arrivez au moins cinq minutes à l'avance.
J'avais mis 19h30, comme pour le jeudi, mais j'ai décidé de ramener cela à 19 heures, pour diverses raisons.
La participation est gratuite.
Mxl
dimanche 10 janvier 2010
Réflexion
J'ai pensé vous offrir une réflexion personnelle sur le Bouddhisme, étude et pratique.
Pour commencer, je dirai qu'à l'observation, il me semble que le Bouddhisme en France (parlons de ce
que nous connaissons, non?) tend à pécher par excès d'idéalisme, ce qui serait un comble pour une
"philoligion" comme le bouddha-dharma... Idéalisme! Quel gros mot! Chacun sait que le bouddha-dharma n'a rien d'un idéalisme! De fait, ma lignée d'enseignement nie vigoureusement que cela puisse être le cas. Pour les intéressés,
je rappelle que toutes les traditions philosophiques du monde se rattachent soit au courant idéaliste,
soit au courant matérialiste. Mais dans ma tradition d'enseignement, nous enseignons que le Bouddha-Dharma n'est ni l'un ni l'autre,
mais qu'il se fonde sur l'action, qui est en quelque sorte l'interface entre le monde des idées, et celui de
la matière (qui n'est autre que le résultat de nos sensations physiques).
Mais, à l'opposé, je vois que tout le monde, en parlant du Bouddhisme parle de grands principes, tout
le monde récusant avec horreur toute possibilité que le Bouddha-Dharma puisse être enseigné et
appliqué de façon limitée, lorsqu'on a affaire à des gens qui ne sont pas prêts à aller plus loin. Gradualisme!! Bon. Les travaux de Bernard Faure semblent démontrer qu'il y a au moins un fort soupçon de
traficotage dans la façon dont cette polémique est parvenue jusqu'à nous. C'est donc peut-être pas la
peine de trop insister, dans ce cas. Depuis trop de temps, le Zen se vautre dans l'anti-intellectualisme, qui n'en est paradoxalement qu'un
autre, d'ailleurs. Et, faute de comprendre à quoi correspondaient certaines saillies anti-intellectuelles,
faites par des types qui en matière d'intellectualité étaient de grosses pointures, (je fais allusion aux
collections de kôans), on finit par ânonner bêtement des mots morts qui ne valent pas mieux que
n'importe quels autres mots morts. Les mots n'ont de sens que vivants, et c'est pourquoi je pense qu'il est temps que nous prenions
la mesure de la nécessité de leur assurer un terreau fertile, si nous voulons que les greffons fleurissent.
Et ce terreau, il faudra bien qu'il vienne de gens vivants, de personnes qui vivent, travaillent, vont et
viennent; jamais il ne pourra se constituer sur une seule élite desséchée, trop perdue soit dans un
ésotérisme de pacotille, soit dans une étude académique particulièrement riche au plan intellectuel,
mais détachée de la réalité du faire que se veut le bouddha dharma.
Pour commencer, je dirai qu'à l'observation, il me semble que le Bouddhisme en France (parlons de ce
que nous connaissons, non?) tend à pécher par excès d'idéalisme, ce qui serait un comble pour une
"philoligion" comme le bouddha-dharma... Idéalisme! Quel gros mot! Chacun sait que le bouddha-dharma n'a rien d'un idéalisme! De fait, ma lignée d'enseignement nie vigoureusement que cela puisse être le cas. Pour les intéressés,
je rappelle que toutes les traditions philosophiques du monde se rattachent soit au courant idéaliste,
soit au courant matérialiste. Mais dans ma tradition d'enseignement, nous enseignons que le Bouddha-Dharma n'est ni l'un ni l'autre,
mais qu'il se fonde sur l'action, qui est en quelque sorte l'interface entre le monde des idées, et celui de
la matière (qui n'est autre que le résultat de nos sensations physiques).
Mais, à l'opposé, je vois que tout le monde, en parlant du Bouddhisme parle de grands principes, tout
le monde récusant avec horreur toute possibilité que le Bouddha-Dharma puisse être enseigné et
appliqué de façon limitée, lorsqu'on a affaire à des gens qui ne sont pas prêts à aller plus loin. Gradualisme!! Bon. Les travaux de Bernard Faure semblent démontrer qu'il y a au moins un fort soupçon de
traficotage dans la façon dont cette polémique est parvenue jusqu'à nous. C'est donc peut-être pas la
peine de trop insister, dans ce cas. Depuis trop de temps, le Zen se vautre dans l'anti-intellectualisme, qui n'en est paradoxalement qu'un
autre, d'ailleurs. Et, faute de comprendre à quoi correspondaient certaines saillies anti-intellectuelles,
faites par des types qui en matière d'intellectualité étaient de grosses pointures, (je fais allusion aux
collections de kôans), on finit par ânonner bêtement des mots morts qui ne valent pas mieux que
n'importe quels autres mots morts. Les mots n'ont de sens que vivants, et c'est pourquoi je pense qu'il est temps que nous prenions
la mesure de la nécessité de leur assurer un terreau fertile, si nous voulons que les greffons fleurissent.
Et ce terreau, il faudra bien qu'il vienne de gens vivants, de personnes qui vivent, travaillent, vont et
viennent; jamais il ne pourra se constituer sur une seule élite desséchée, trop perdue soit dans un
ésotérisme de pacotille, soit dans une étude académique particulièrement riche au plan intellectuel,
mais détachée de la réalité du faire que se veut le bouddha dharma.
mardi 3 novembre 2009
Premier samedi du mois
Le 8 novembre 2009, au 12 de la rue Doria
(les Arceaux), à Montpellier,
comme tous les premiers samedis du mois,
Matinée de pratique de zazen.
Début à 10 heures.
Veuillez arriver au moins un quart d'heure avant.
Entrée libre.
A plus
Mxl
(les Arceaux), à Montpellier,
comme tous les premiers samedis du mois,
Matinée de pratique de zazen.
Début à 10 heures.
Veuillez arriver au moins un quart d'heure avant.
Entrée libre.
A plus
Mxl
Inscription à :
Articles (Atom)

