samedi 20 mars 2010

Le recueil de kôans de maître Dôgen

NEUF

Maître Obaku quitta un jour le mont Obaku, y laissant ses disciples, et se rendit au temple Dai-An. Il se mêla aux autres travailleurs et fit le ménage de la salle du Bouddha et de la salle de conférences.

Un jour, le premier ministre Haikyu se rendit au temple pour brûler de l'encens. Un shuji (un des officiers du temple) le reçut.

Le premier ministre, en voyant un portrait sur un mur, de manda : Quel personnage est-ce là?

Le moine répondit : C'est le portrait d'un révérend moine.

Le premier ministre dit : Je puis voir le portrait, mais où est le révérend moine?

Aucun des moines ne sut répondre à sa question.

Le premier ministre demanda : Y a-t-il des hommes de zazen dans ce temple?

Le moine répondit : Il y a un moine qui est venu travailler au temple récemment. Il pourrait être un homme de zazen.

Le premier ministre dit : Pourriez-vous me l'amener, que je puisse lui poser la question?

Les moines partirent immédiatement à la recherche de maître Obaku. En voyant ce dernier, le premier ministre eût l'air heureux et dit : Juste à l'instant, j'avais une question , mais aucun des moines n'arrive à y répondre. Je voudrais que vous répondiez à leur place, et me donniez une parole qui pourra changer ma vie.

Maître Obaku lui dit : Monsieur le Premier Ministre, veuillez me poser votre question.

Le premier ministre la lui répéta.

Le maître cria très fort : Monsieur le Premier Ministre!

Le premier ministre lui répondit.

Le maître demanda : Où êtes-vous?

Le premier ministre en fut éveillé, comme s'il avait reçu une perle provenant du noeud dans les cheveux du Bouddha Gautama.

Il dit : Mon maître est vraiment un révérend moine.

Puis il ré-invita Obaku à ouvrir le temple.


Commentaire de Nishijima roshi

La question du premier ministre "Je puis voir le portrait, mais où est le référend moine?" sépare le portrait de ce qu'il représente -- la représentation abstraite que fait le portrait du corps physique du moine représenté. La question désigne la différence entre les points de vue idéaliste et matérialiste. En "répondant"à la question, le maître rappelle le premier ministre d'une voix forte. Il s'agit là d'un fait concret, d'un son physique réel et ramène l'attention sur le second point de vue, qui est concret.

A la réponse du premier ministre, maître Obaku lui demande alors "Où êtes-vous?", ce qui est centré sur l'endroit réel, la situation réelle dans laquelle ils sont impliqués. Cette question ouvre les yeux du premier ministre à la réalité de la situation telle qu'elle existe réellement à cet endroit-même. La distinction entre le portrait, ou l'idée, et ce qu'il représente a été transcendée. Il n'y avait pas deux choses : l'image de quelque chose et ce à quoi faisait référence cette image; il n'y avait qu'une seule réalité.

Le premier ministre avait trouvé le révérend moine. Diriez-vous que maître Obaku était ce révérend moine? Qu'en est-il du premier ministre? Ne pourrions-nous pas également dire qu'il était lui-même le révérend moine de notre histoire? Peut-être bien que ce révérénd moine avait trouvé son propre véritable soi?

Et qu'en est-il de vous dans vos vies? Vous avez sans nul doute vue de nombreux tableaux ou soutenu de nombreuses idées sur ce à quoi devrait ressembler une révérende personne. Mais sauriez-vous trouver cette personne dans la réalité, dans votre propre vie? Telle est la véritable tâche d'un bouddhiste.

2 commentaires:

Anonyme a dit…

Il parait que le Shobogenzo était prévu de contenir 100 fascicules.
1+2+3+4=10
Ango est le nom de mon fils et aussi celui du camp d'été de quatre-vingt-dix jours.

Anonyme a dit…

Merci.